Courtoisie linguistique

Mis en ligne le 17 mai 2016

La courtoisie linguistique vue par la NVA Zaventem, ou comment détourner un concept de tolérance 

Récemment, la NVA a distribué une n-ième bafouille (Ed avril 2016) vantant ses mérites militanto-linguistiques,  « encourageant » cette fois (encore) les commerçants à n’utiliser que le seul idiome local dans leurs relations avec leurs clients.

Cela n’est en soi, pas étonnant de leur part : comme d’habitude, ils oublient les libertés garanties par l’article 30 de la Constitution :

« L’emploi des langues usitées en Belgique est facultatif; il ne peut être réglé que par la loi, et seulement pour les actes de l’autorité publique et pour les affaires judiciaires. »

Comme quoi, si vous avez envie de parler français, néerlandais, turc, grec, chinois ou toute autre langue quand vous faites vos achats, c’est votre droit !

Tout comme c’est le droit du commerçant lui aussi d’utiliser la langue de son choix

A elle/ lui de savoir si une certaine courtoisie linguistique n’est pas plus propice aux affaires que la raideur toute teutonique prônée par la NVA locale .

La courtoisie linguistique est un système très pragmatique conclu en 1996 par la majorité régionale bruxelloise (PS, MR, SP.A, VLD, CD&V) destiné à apaiser les tensions linguistiques au sein des services publics à Bruxelles et surtout à assurer la continuité du service à la population.

La courtoise linguistique version NVA c’est (citons… en toute courtoisie) :

« We voeren in Zaventem een krachtdadig taalbeleid, waarbij handelaars aangespoord worden om alleen Nederlands te gebruiken in hun handelszaken. We gaan in dialoog met handelszaken die de taalhoffelijkheid niet respecteren … »

La courtoisie linguistique deviendrait l’utilisation d’une seule et unique langue ?

Comme tour de passe-passe, c’est pas mal …

Et , après cela, la NVA se dira démocrate et criera haut et fort (surtout à l’étranger et à l’ONU) qu’elle fait preuve de tolérance , mais , surtout, ne donnera pas sa définition de la courtoisie linguistique.

Nous, c’est décidé, nous optons pour la version bruxelloise , et encourageons les commerçants à rester courtois, ce qu’ils sont déjà d’ailleurs (nous les en remercions bien volontiers).

 

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