La candidature de la Belgique au Conseil de sécurité de l’ONU menacée?

Mis en ligne le 19 avril 2017

COMMUNIQUE DE PRESSE

De Haan, le 18 avril 2017 – « Alors que la Belgique est en pleine campagne pour tenter de décrocher un siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2019-2020 et accéder ainsi au principal organe de décision onusien, les prises de position de la Flandre et des nationalistes flamands de la N-VA en particulier, dans plusieurs dossiers touchant de près aux droits de l’homme et à la lutte contre les discriminations, pourraient jouer en défaveur de la candidature de notre pays », peut-on lire dans le dernier numéro des « Nouvelles de Flandre », publié par l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

Au directeur de l’APFF, Edgar Fonck, de poursuivre: « Qui dit lutte contre les discriminations, dit lutte contre les discriminations linguistiques et protection des minorités.

Le premier dossier, où le moins que l’on puise dire c’est que la ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans (N-VA), ne fait pas preuve de beaucoup d’esprit démocratique, c’est
le refus de nommer Damien Thiéry (MR) au poste de bourgmestre de Linkebeek, sous prétexte qu’il a envoyé les convocations électorales en français aux francophones de sa commune.

Dans son rapport d’analyse de la situation, le Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe qui a envoyé deux représentants sur place, début février, rappelle que ‘le Congrès a affirmé de manière constante, que la non-nomination d’un bourgmestre proposé par le conseil communal, comme le prévoit la législation flamande sur les communes, est contraire à la Charte’. Il souligne que le système de nomination des bourgmestres en Région flamande paraît peu compatible ‘avec les principes démocratiques élémentaires’. Depuis, un second candidat-bourgmestre francophone à Linkebeek, Yves Ghequière, a été écarté pour des raisons similaires.

Deuxième dossier qui a retenu également l’attention du Conseil de l’Europe: l’utilisation du français lors des conseils communaux. Là encore le rapport d’analyse du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe rappelle, n’en déplaise à Madame Homans, qu’il a déjà adopté une résolution et une recommandation sur la question en 2008 dont il ressort que ‘les lois linguistiques belges telles qu’interprétées et appliquées par les autorités flamandes dans les communes dites à facilités entravent la participation des citoyens francophones à la vie politique locale’. Le Congrès précise avoir recommandé de ‘revoir les lois linguistiques notamment quant à leur application dans les communes dites à facilités’ afin de permettre l’usage des deux langues lors des conseils communaux.

Autre sujet de polémique: les attaques ciblées menées par la N-VA contre Unia (ex-Centre interfédéral pour l’égalité des chances). Selon le journal De Standaard: ‘l’agenda caché de la N-VA depuis des années est un centre pour l’égalité des chances propre à la Flandre. Le parti veut peser politiquement sur le fonctionnement et la vision d’un tel centre’. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’Unia a dénoncé l’absence d’organe compétent pour traiter des discriminations linguistiques et s’est dit prêt à accepter cette mission supplémentaire. Qui plus est, Unia est appelé à jouer un rôle important dans le futur Institut national des droits de l’homme (INDH).

Face à l’obstination des nationalistes flamands qui ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire et qui sont au pouvoir tant au niveau régional que fédéral, il n’est pas certain que notre ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), réussisse à convaincre ses pairs de soutenir la candidature de la Belgique au Conseil de sécurité.

En effet, d’aucuns auront perçu un décalage entre la situation sur le terrain et les propos de Monsieur Reynders lorsqu’il lance à la tribune de l’ONU: ‘la Belgique s’est engagée à veiller à la cohérence entre son action internationale, et le respect des droits de l’Homme à l’intérieur de ses propres frontières et au sein de l’Union européenne. Comme je l’ai confirmé lors de la présentation de
notre bilan dans le cadre de l’Examen périodique universel, c’est un engagement auquel je veille personnellement’. »


Pour plus d’informations

Nous vous renvoyons au numéro 84 (avril 2017) des « Nouvelles de Flandre ». Ce numéro peut aussi être consulté sur notre site internet (http://www.francophonie.be/ndf).


A propos de l’APFF

L’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) ne poursuit aucun but politique. Elle veut simplement que le français, l’une des langues officielles de la Belgique, ait droit de cité en Flandre au même titre que toute autre langue.

Cette promotion de la francophonie, l’APFF la réalise notamment en publiant sur son site internet le magazine « Nouvelles de Flandre » (http://www.francophonie.be/ndf). On peut y trouver outre l’agenda des activités en français, les adresses des ressources francophones en Flandre, des articles et des informations sur la francophonie en général. Un bulletin, version papier du magazine, est également édité tous les trois mois.

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